jeudi 17 janvier 2008

In praise of techno genius Cristian Vogel

(Titre en anglais : ça fait international)



Il y aurait plein de remarques pertinentes, bien senties et finement ajustées à faire au sujet du producteur anglais (d’origine chilienne) Cristian Vogel, genre rappeler qu’il a été un des précurseurs de la minimale au même titre que Daniel Bell, Robert Hood, Herbert ou Sähkö, qu’il a souvent réussi à faire des tracks à la fois super fonctionnels et super singuliers, qu’il sort plusieurs disques en même temps en ce moment, qu’il est injustement oublié par la techno d’aujourd’hui, bref, vous aurez compris que c’est un type important et surtout extrêmement talentueux quand il s’agit d’allier vélocité, bruit et singularité structurale. Il sait débiter des grooves perturbés, jouer sur des matières sonores visqueuses, imposer des climats indistincts, insituables, bizarrement contrastés. Il fait de la musique depuis quinze ans et semble toujours autant aimer le son, son son, on pourrait presque dire qu’il a sur lui son son.

Voici quelques exemples de son génie du technogroove malaxé :




Cristian Vogel – Tearing the Groove (1997)

Ça commence avec un larsen donc accélerez si ça vous saoule, la boucle qui démarre ensuite est un des instants les plus beaux que la techno m’ait donné à entendre, on dirait du Oval en 4/4 avec un beat fracturé et sensuel. C’était sorti sur Tresor et je l’avais découvert par un pote qui jouait de la hard techno, il avait pris le maxi un peu au pif. De la sublime musique machinique, une sorte de mobile sonore, un flux autogénéré : ça marche tout seul.




Cristian Vogel – Esquina Del Sol (2000)


Il se passe souvent plein de trucs dans ses tracks, il y a un côté mise en scène que j’adore, des choses au premier plan qui passent derrière puis reviennent et vice-versa, des mélodies qui arrivent comme ça, prennent le premier rôle alors que bon c’était pas forcément prévu. Mais c’est pas trop l’anarchie non plus, c’est plutôt une sorte de monde capricieux mais avec plein de coins paradisiaques et de personnages hauts en couleur, plus ou moins comme la Corse, quoi.




Cristian Vogel – Xpute Thewoopwoop (2007)


Beaucoup classent Vogel en techno « expérimentale », je vois un peu pourquoi mais franchement c’est dur de ne pas faire gaffe au côté grosse techno club qui l’anime bien souvent. Là je dirais que c’est même carrément ghettohouse/hardhouse façon Chitown. C’est sur son dernier album, Never Engine, lequel est particulièrement aride mais vaut la peine d’être écouté si vous souhaitez instaurer un climat, disons, « sévère », peu suave, gris métallisé.

Cristian Vogel – The Backwards (2002)


Encore du groove en mode capriccio, j’aime ce stab de clavier super entêté qui tient tout le track avec ce petit son clair et neutre.

Cristian Vogel – Forwards and Backwards (1996)

Pour finir un track relativement linéaire, quelque chose d'assez toolesque en fait, d’inspiration house filtrée même si c’est de 96 donc c’est pas comme si on pouvait l’accuser de sauter dans le bandwagon en marche.

Désolé pour le désordre chronologique et l’absence de détails sur sa très riche discographie, sur ses projets conceptuels, ses titres de morceaux souvent très singuliers, ou sur Super_Collider avec Jamie Lidell, mais dans la vie il faut faire choix, comme me l’a récemment enseigné DJ Koyote. Et ces cinq morceaux valent grave le coup, je pense.

5 commentaires:

odot a dit…

word, vogel est un putain de GENIE.

telefuß. a dit…

C'est une très belle leçon de vie dont Koyote nous fait part là.

Teki a dit…

ouh putain le "il l'a sur lui son son" m'avait échappé

EtienneMenu a dit…

Je suis obsédé par Tido en ce moment. Surtout je prends la ligne 3 et que la voix deux tons dit "Réaumur-Sébastopol".

Marsha a dit…

Good for people to know.